Accueil du site > la troupe > Le brigadier > Le brigadier des Passe Volant
logo

Le brigadier des Passe Volant

Depuis octobre 2012, les Passe Volant se sont dotés d’un brigadier destiné à frapper les trois coups. Retour sur l’Histoire d’un accessoire emblématique du Théâtre...

par François Legallais (30/11/2013)

Depuis octobre 2012, les Passe Volant se sont dotés d’un brigadier « fait maison ». Rien à voir avec la maréchaussée, l’armée ou la cuisine ! Un brigadier est un bâton de bois recouvert de velours rouge et de clous dorés avec lequel on frappe les fameux trois coups au Théâtre, sur le plancher de la scène, juste avant le lever de rideau annonçant le début d’une représentation. Il prévient ainsi tant le public que les comédiens et les techniciens que le spectacle va commencer.

Cette tradition ancestrale, propre à la France, pourrait avoir plusieurs significations symboliques. Au Moyen Âge, les Mystères donnés devant le parvis des églises lors de fêtes religieuses se terminaient systématiquement par la frappe de trois coups symbolisant la Sainte Trinité. Ces trois coups pouvaient être précédés de onze autres, symbole des Apôtres dont on ne comptait pas Judas le traître. Certains voient dans les douze coups une origine antique puisqu’ils renverraient aux neuf muses de la Grèce d’Aristote auxquelles se serait ensuite rajoutée la Trinité chrétienne. Mais rien n’est moins sûr.

D’autres font remonter cette tradition quelques siècles plus tard, aux trois saluts que les comédiens devaient exécuter avant de jouer devant la Cour : le premier vers la reine, le deuxième vers le roi et le troisième vers le public. À la Comédie-Française, on prit l’habitude de frapper six coups afin de matérialiser la jonction des deux troupes, celle de l’hôtel de Bourgogne et la troupe de Molière déjà adjointe de celle du théâtre du Marais sous Louis XIV.

Frapper ces trois coups avait aussi son utilité. Ainsi, avant chaque représentation, le régisseur martelait le sol de douze coups rapides afin d’annoncer le début de la représentation aux machinistes. Ensuite, un premier coup venu des cintres lui répondait puis un deuxième montait du dessous de scène et un troisième enfin venait de la coulisse opposée. Ce rituel indiquait au régisseur que tous les techniciens étaient à leur poste et que la représentation pouvait donc commencer.

Ce n’est donc pas un hasard si le brigadier est traditionnellement sculpté dans le bois d’une perche de théâtre, celle-ci servant à supporter les éléments de décor, les rideaux ou les éclairages au-dessus de la scène. Hélas, le brigadier des Passe Volant, confectionné par François, n’est pas de ce bois-là ! Toutefois, conformément à la tradition, il est utilisé avant chaque représentation pour frapper les trois coups, sa première utilisation remontant aux deux pièces de Feydeau jouées en 2012 au Festival théâtral de Groslay.

Ci-dessous, deux détails du brigadier des Passe Volant :


Un commentaire ?

Compagnie des Passe Volant, 31, rue Carnot, 95410 Groslay