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Farces du Moyen Age et de la Renaissance

Les farces constituent un pan essentiel de l’Histoire du théâtre. Elles ont enchanté Rabelais et inspiré Molière. Elles offrent aujourd’hui un formidable témoignage sur la société médiévale et ses travers.

Dans les farces que nous présentons, se joue l’affrontement sans cesse renouvelé des nigauds et des roublards, des filous et des nigaud, des naïfs et des cyniques, où les rôles s’échangent et se renversent brutalement, car « à trompeur, trompeur et demi ».

Apparu sous l’Antiquité, la farce est un genre théâtral à part entière qui s’épanouit en France entre le XVe et le XVIIe siècle. Intimement liée au Carnaval au cours duquel les interdits sont temporairement levés, la farce puise ses racines et sa force comique dans le péché de chaire et celui de gourmandise. Des têtes couronnées au paysan, du bourgeois au marchand, nul ne reste insensible à ces facéties joyeuses tournant en dérision les travers d’une société sur laquelle pèse la religion avec sa cohorte d’interdits et d’obligations.

Scène de théâtre en plein air. Recueil d’airs profanes et sacrés. 1542. On y aperçoit les acteurs sur des trétaux.

« On verra s’ébattre ou s’affronter les couples d’autrefois, de l’accorte ménagère rudoyant son soûlaud de mari à la douce jouvencelle cajolant son barbon. Curés paillards, amants trouillards, nobliaux vantards et sergents gueulards, c’est tout un monde qui ressurgit devant nous avec une verve comique d’une surprenante modernité » comme aime à le rappeler Bernard Faivre, auteur de la préface d’un recueil de farces médiévales.

« La structure de base de la farce, c’est de parvenir à tromper l’autre, rappelle Michel Corvin dans son dictionnaire encyclopédique du Théâtre. La farce est un univers de trompeurs et de trompés : maris perpétuellement dupes des manèges de la femme et de son amant ; boutiquiers victimes des ruses des mauvais payeurs ; valets qui se vengent d’une humiliation ; matamores se faisant mutuellement peur ; badins demeurés qui croient le premier hâbleur venu ».

Kermesse avec théâtre et procession, par Pieter Brueghel le Jeune, vers 1637. Une représentation au village.

En somme, c’est toute la société médiévale qui se retrouve chamboulée : le bas domine le haut, la femme dompte l’homme, l’homme d’Eglise devient paillard, le seigneur se fait rosser par le valet, etc. Comme le mentionne Michel Corvin, « parenthèse festive, la farce est la revanche des instincts et des pulsions sur les préceptes éthiques. D’où son amoralisme tranquille : jamais un scrupule, rarement un remords. Sa seule morale, c’est qu’il est juste de tromper un trompeur ».

Pour plus d’informations sur notre répertoire et nos prestations, vous pouvez vous rendre à cette rubrique ou télécharger notre dossier complet de présentation au format PDF en cliquant sur l’icône ci-dessous :

PDF - 4 Mo
Dossier de présentation des farces médiévales

Bibliographie sélective :
- Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du Théâtre, aux éditions Larousse-Bordas, 1998.
- Bernard Faivre, Les farces - Moyen Âge et Renaissance, aux éditions de l’Imprimerie Nationale, 1997.
- Charles Mazouer, Le Théâtre français au Moyen Âge, aux éditions Sedes, 1998.
- Agnès Pierron, Dictionnaire de la langue du Théâtre. Aux éditions Le Robert, collection "Les usuels", 2002.


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