Accueil du site > la troupe > Passe Volant : késako ?
logo

L’origine du nom de la compagnie

Passe Volant... On prête à ce curieux personnage des origines belliqueuses bien que couardes, c’est un écornifleur sans scrupule ou encore un mercenaire du théâtre. Qui se cache derrière ce nom ?

par François Legallais (19/02/2011)

Agnès Pierron* a écrit un ouvrage aussi savant que savoureux sur la langue du théâtre, énumérant, expliquant et commentant les expressions de cet univers bien à part. Parmi celles-ci en figure une qui nous plut et que nous choisîmes pour nous désigner : Passe Volant.

Au théâtre, depuis le XVIIe siècle, un passe volant (écrit aussi passe-volant) est un spectateur admis gratuitement - ou payé - afin de faire nombre dans une salle que l’on peine à remplir. Dans une certaine mesure, un passe volant peut être assimilé à un claqueur (spectateur payé pour venir soutenir une pièce, un auteur ou un comédien et qui ne cesse d’applaudir en encourageant la salle à l’imiter).

Ci-dessus, "La claque en action", lithographie de Jules Joseph Guillaume Bourdet (1799 – 1869) dans la série « Le monde dramatique »

Mais cette curieuse expression puiserait ses origines ailleurs...

D’après le très sérieux dictionnaire Littré, l’expression passe volant désignerait "de faux soldats que les officiers faisaient passer en revue pour tromper les inspecteurs et les commissaires, quand leurs compagnies n’étaient pas complètes, et dont ils s’appropriaient la solde". Dans le même esprit, dans la Marine, cela désignait "un canon postiche, fait de bois et destiné à figurer à la place d’une bouche à feu sur un navire de guerre".

Par extension, dans le langage courrant, un passe volant a rapidement désigné un "homme qui s’introduit dans une partie de plaisir sans payer sa part de la dépense commune, ou qui entre au spectacle sans payer, quoiqu’il n’en ait ni le droit, ni la permission".

Mais rassurez-vous, les Passe Volant d’aujourd’hui ne sont ni des mercenaires de la claque, ni des pique-assiettes. Ils ne soudoient pas les spectateurs et paient toujours leur place quand ils vont voir leurs camarades jouer. Qu’on se le dise !

* Agnès Pierron, Dictionnaire de la langue du Théâtre, aux éditions Le Robert, collection "Les usuels", 2002.


Un commentaire ?

Compagnie des Passe Volant, 31, rue Carnot, 95410 Groslay